Sotigui Kouyaté, Griot -philosophe pour l'éternité

Publié le 21 Avril 2010

 

 

Sotigui nous a quitté le 17 avril. Il était  Griot, grand acteur et également grand promoteur du cinéma malien et burkinabé.

 

Mahabharata, Antigone, Le Costume, Hamlet, Tierno Bokar, mises en scène par le dramaturge Peter Brook. Il a également marqué au cinéma dans IP5 de Jean-Jacques Beineix avec Yves Montand, Tombés du ciel de Philippe Lioret, Le Maître des éléphants, de Patrick Grandperret ou encore Little Senegal .

 

  

 

 

 Il a reçu  l'Ours d'argent du meilleur acteur pour son rôle dans London River

 

 

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Rédigé par Fanal Safran

Publié dans #Afrique

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Mike 21/04/2010 21:31



Bonjour,


Encore une découverte:simplicité, sagesse, bienveillance et humilité émane de sa personne avec semble-t-il un parcours emprunt de culture, de rencontres,
d'identité culturelle et de savoir être avec les autres, une aptitude à l'oubli de soi-même pour défendre les valeurs humaines (bon, peut-être dit avec trop d'emphase mais tout de
même).


Merci, son décès fut très peu médiatisés: je n'en avais lu qu'un petit encart dans un journal gratuit.


Bonne continuation.



Fanal Safran 22/04/2010 04:29



Sur  les planches il était grandiose. Et pour le griot : dépositaire de l’histoire de ses ancêtres mandingues. Tu sais que j'ai pu revoir une grande partie du film London River avc Youtube.


Belle journée à toi Mickael



patriarch 21/04/2010 14:23



lui aussi un grand acteur !!! bel après midi !!



Fanal Safran 21/04/2010 17:26



On ne verra plus sa grande silhouette ondulée sur les routes rouges de la savane africaine, et sur les planches du théatre.


Vous affirmez
souvent, «je suis griot avant tout». Comment cette identité profonde influence-t-elle votre démarche théâtrale?
Je trouve mon énergie dans les rencontres. Dans la partie de l’Afrique à laquelle j’appartiens – je suis guinéen d’origine, malien de naissance et burkinabé d’adoption –, les rencontres ont leur
importance, car l’étranger est celui qui nous apporte ce que nous ignorons.
Je ne suis passé par aucune école de théâtre, si ce n’est la grande école de la rue, «de la vie». Quand j’étais jeune, un ami homme de théâtre, Boubacar Dicko, m’a invité à plusieurs reprises à
jouer pour lui. Mais je pensais à tout, sauf à cela… A l’époque, je jouais dans l’équipe nationale de football du Burkina Faso!
Vous êtes porteur de profondes valeurs africaines, à l’image de votre rôle dans le film de Rachid Bouchareb Little Senegal (2000), mais celles-ci ne sont-elles pas
menacées?J’ai cette peur continuelle, mais je tente de me battre avec la parole et la culture. Par exemple, à Bobo Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso, j’ai ouvert un centre
culturel, il y a quelques années avec mes enfants. J’ai fait cela dans la cour de mon père, un espace très vaste. C’est aujourd’hui un lieu de formation en musique, percussions, peinture, un lieu
d’échange où nous accueillons des peintres étrangers dans le cadre de stages. Nous voulons également en faire un centre de formation en informatique. Par ailleurs, nous voudrions créer une
université des traditions africaines, pour mettre au point un système de conservation de ces traditions et approfondir la connaissance de notre culture.
Vous sentez-vous porteur d’un message de l’Afrique?Soyons modeste, l’Afrique est vaste, et ce serait une grande prétention que de vouloir parler en son nom. Je me bats avec
la parole car je suis griot. On nous appelle, à tort ou à raison, les maîtres de la parole. Nous avons le devoir d’inviter l’Occident à moins méconnaître l’Afrique. Il y a même des Africains qui
ne connaissent pas vraiment leur terre. Or, oublier sa culture, c’est s’oublier soi-même. On dit: «le jour où tu ne sais plus où tu vas, souviens-toi d’où tu viens». Notre force est dans notre
culture. Toute ma démarche, en tant que griot, est nourrie par cet enracinement et cette ouverture