La Rochelle pleure Bernard Giraudeau

Publié le 19 Juillet 2010

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Elisabeth nous a envoyé ces quelques lignes de La Rochelle que vous pouvez retrouver en entier ici dans son article "le prix de la vie"

 

Bernard Giraudeau est mort.

Simples admirateurs attentifs à toutes ses écritures, à tous ses engagements, nous avons bénéficié au-delà de son œuvre, de sa vie intense et de son  authenticité humaine inoubliable. Celui qui a tout tenté pour aller au bout de lui-même, toujours avec droiture, nous les laisse généreusement à tous en héritage.

Dans les années 1990 en Charente-Maritime, j’ai eu l’occasion de croiser ce pierrot tout à la fois solaire et lunaire et de mesurer cette générosité sans limite. Deux jeunes gens, un jeune couple éblouissant comme ceux qui s’aiment et se passionnent ensemble, m’avaient demandé de soutenir la présentation de leurs photographies : « Ré l’hiver ». Je ne savais que faire pour eux et puis m’est venue l’idée, me souvenant de la beauté des images d’un film de Bernard Giraudeau tourné en Charente-Maritime,  de les lui adresser pour lui demander de voir ces photos et, s’il y trouvait intérêt, de leur donner une phrase pour souligner chacune de celles qui lui parleraient le plus. Je ne sais s’il l’a fait pour l’authenticité de la démarche de ces jeunes ou pour la qualité des photos, mais il l’a fait sans retenue. Et l’exposition photos et textes a connu un joli succès.

Il a ainsi donné son nom juste pour la rencontre et le partage.

Elisabeth Delorme Blaizot

 

   Chaque Rochelais a au moins un livre de l'enfant du Pays.

   

 

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«L’amour, ça doit se lire tout de suite. Ce n’est pas une partie de cache-cache. »

 
 Extrait de Les Dames de nage (Evene)

 

 

 

et aussi Bernard Giraudeau en BD

 

 

 

 

 

Les Dames de Nage : un morceau choisi
Tu m'avais lâché la main depuis quelque temps, tu t'étais détachée comme une barque tranquille. Le corps d'Amélie doit dormir comme une déesse sur l'étrave d'une jonque en figure de proue, les cheveux comme des algues. J'espérais fortement que grand-mère ait raison, que l'âme d'Amélie se posait sur les fleurs de soleil et qu'elle nageait dans l'éther, libre de la pesanteur, comme elle aimait le faire dans les éclats de lumière de ses plongées. Je l'ai regardée des heures, fouillant la glaise, lissant la matière. J'ai filmé son visage, ses yeux derrière la pierre qu'elle séduisait, ses longues mains comme des anémones, ses doigts en corolle caressant les courbes. J'ai filmé ses silences, ses regards, la cigarette qu'elle m'avait prise, sa bouche, la fumée qui dansait autour d'elle, l'outil qu'elle posait, ses ciseaux de tailleur et la tasse de caféé qu'elle portait à ses lèvres. Je l'ai prise à son insu quand elle se laissait rouler par les vagues jusqu'à la grève, son corps sombre dans l'écume, pour se relever, heureuse, scintillante de nacre, minuscules particules de coquillages sur sa peau comme les étoiles des femmes de la nuit, ou celles que les enfants se collent sur le visage pendant le carnaval. Elle repartait vers le large jusqu'à se donner à la plus forte houle qui la déposait sur la plage. J'ai aussi filmé son sommeil, ses seins échappés de ma chemise d'homme, ses taches de rousseur sur ses épaules, sa nuque sous les boucles, ses chevilles qu'elle habillait d'une bride de cuir fauve. Avant que tu partes, je t'ai vue comme une lumière couchée sur la pierre dans laquelle mon ombre s'est dissoute.

- page : 124 - éditeur : Métailié - date d'édition : 2007 -

 

 

 

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Rédigé par Fanal Safran

Publié dans #les lectures de mes amies

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fDany de Fanal Safran 23/07/2010 20:16



aujourd'hui, vendredi 23 juillet on pense encore plus à Bernard Giraudeau.


La voix brisée par l'émotion, Anny Duperey a lu une prière amérindienne : "Ne pleurez pas en pensant à moi. Soyez reconnaissants pour les belles années
vécues ensemble. Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin"






nicolek 22/07/2010 15:36



je l'aimais beaucoup


bisous   nicole



Fanal Safran 22/07/2010 19:30



Il était souvent en Charente-Maritime. Tu sais que j'aime beaucoup aussi les livres audio pour enfants avec sa voix.


Bises Nicole



MarieSophie 22/07/2010 13:08



Merci Danielle pour ce billet merveilleux. Récemment j'ai lu le dernier livre de Bernard Giraudeau "Cher amour" qui est une pure merveille...



Fanal Safran 22/07/2010 14:21



Il avait vraiment une très belle plume d'une sensibilité rare;


Grosses bises



ventenac 21/07/2010 10:22



Merci Dany pour ce bel éloge. Tu es nettement plus courageuse que moi, en été! Blogueuse jusqu'au bout du clavier :-)



Fanal Safran 21/07/2010 20:34



Et moi qui ne viens que maintenant pour poster ton petit mot chère Domi;


J'étais à Niort pour mon Papa encore.


Je vais un peu ralentir Fanal pendant l'été, mais il y a toujours un article que je trouve urgent de faire


Bises et bonne soirée


Dany



jean-Paul M 20/07/2010 19:51



Juste un signe

Je découvre votre blog en de tristes circonstances, autour de la mort de Bernard Giraudeau.
J'aime bien ce que vous faites et ce que vous écrivez


Jean-Paul M.



Fanal Safran 20/07/2010 20:08



Bonsoir Jean-Paul,


Oui, Bernard Giraudeau, enfant de notre région, a laissé son ombre partout. On est bien triste. Je relis un de ses livres en ce moment.


J'ai placé votre message dans les commentaires car il est vraiment gentil. Merci  et ainsi je peux répondre plus
facilement en allant sur mon blog où que je sois.


Je passe pas mal de temps sur Fanal (comme je dis) et mes articles se font au gré de mes envies et surtout coups de coeur. Tous les vendredi, c'est Jazz. Mais je passe aussi de la musique baroque
ou musique du monde.


Je vais aussi beaucoup sur les blogs amis voir ce qu'ils font. Avez-vous un blog vous-même ? N'hésitez-pas  en mettre le lien quand vous me posterez un petit mot dans les commentaires.


Bonne soirée et encore merci Jean-Paul;


Dany